Elections législatives 2022 : les questions et attentes du CODEF

Le CODEF (Comité de Défense et de Promotion de la Desserte ferroviaire de Redon et du Pays de Redon), association d’usagers créée en 1988, exerce – comme son nom l’indique – une double mission : 
1)  défense des usagers du train (horaires, correspondances, etc..) 
2) promotion et valorisation de l’équipement structurant qu’est le PEM (Pole d’Echanges Multimodal) de Redon
L’expérience acquise par le CODEF depuis plus de 30 ans montre que le maintien de la qualité de la desserte ferroviaire pour Redon et son Pays nécessite une vigilance particulière et aussi de « se bouger » pour éviter toute dégradation de celle-ci tant en matière de TGV que de TER.
Aussi, dans le cadre des élections législatives à venir et étant rappelé la fonction de plateforme d’échanges (carrefour ferroviaire) de la gare de Redon,  voici le questionnaire adressé aux candidates et candidats aux élections législatives bâti à partir des attentes actuelles du CODEF et auquel il leur a été demandé de rendre réponse.

Ce questionnaire est destiné à interpeller ces candidat.e.s sur le devenir de la gare de Redon et de la desserte ferroviaire de celle-ci et de son bassin de vie, ainsi que sur des problématiques ferroviaires plus générales mais aux incidences concrètes : 

QUESTIONNAIRE : 

Desserte TGV

La gare de Redon est une gare TGV structurante intermétropolitaine. La SNCF et la Région Bretagne ont conclu, durant l’été 2020, une convention prévoyant le maintien du trafic des TGV jusqu’en 2027 au-delà de Rennes, vers l’ouest de la Bretagne.  Ce maintien concerne le nombre de TGV quotidiens ainsi que le nombre d’arrêts de TGV dans les villes moyennes, dont Redon. Cela étant, la recherche d’économies à marche forcée par la SNCF ne doit pas conduire à une moindre fréquence des arrêts TGV dans les gares dites « intermédiaires » telle Redon.

Quelles actions comptez vous mettre en oeuvre pour développer et valoriser la gare d’intérêt national TGV de Redon ?

Une anomalie : le TGV au départ de la gare de Quimper à 5h16, arrivée à Rennes à 7h35 (horaire très attractif) ne s’arrête en gare de Redon que durant les mois de juillet et août.

Ce train s’arrête dans toutes les gares TGV de la ligne entre Quimper et Vannes sur une distance de 120 kms (soit respectivement Quimper, Rosporden, Quimperlé, Lorient, Auray et Vannes) mais ne comporte aucun arrêt entre Vannes et Rennes soit sur une distance  sensiblement identique de 110 kms.

Cette discrimination est vécue comme une injustice à Redon, territoire intermédiaire dont le bassin de vie comprend plus de 80.000 habitants.

Le CODEF demande en conséquence que SNCF Voyages fasse s’arrêter toute l’année en gare de Redon à 6h57 le TGV n° 8702 au départ de la gare de Quimper à 5h16.

Entendez vous porter cette revendication, au contenu synonyme d’un meilleur aménagement du territoire ?

Desserte TER

La desserte a été modifiée en 2017, et depuis elle est moins bien adaptée aux besoins réels des voyageurs qu’auparavant, notamment en gare de Redon.

Alors que les besoins de mobilité ne font que croître et dans un contexte de compétition entre le train et la voiture résultant de la mise en service cette année de la totalité de la 2×2 voies routière entre Rennes et Redon, le CODEF renouvelle sa demande concernant le comblement des creux de desserte pointés par lui dans sa lettre du 24 octobre 2019 à la Région Bretagne, et réaffirmés depuis.

En particulier, comment remédier aux « trous » de desserte observés en soirée dans les circulations ferroviaire Rennes-Redon (absence de train entre 18h41 et 19h41) et Vannes-Redon (absence de train entre 18h05 et 19h07) ainsi que l’après-midi pour les voyageurs occasionnels dans le sens Rennes-Redon (aucun train ne circule de Rennes vers Redon entre 12h41 et 16h41, soit pendant 4 heures, ce qui pénalise le recours au train) ?

Qualité de service TER

Même si la Région Bretagne est la première en France pour son taux de ponctualité des trains, il n’en demeure pas moins que les usagers sont confrontés comme ailleurs à des retards de train, voire des trains annulés, des pannes matérielles, des soucis météo, etc…

Comment y remédier ? En outre, êtes vous pour ou contre la suppression des contrôleurs à bord des trains (ou de certains trains) ?

Par ailleurs, la Région Bretagne est la dernière Région de France en terme d’offre de TER/habitant/km.

Etes vous d’accord sur la nécessité de renforcer le maillage ferroviaire en Bretagne ?

Cadencement

Dans tous les pays d’Europe, le cadencement – qui offre des trains réguliers et fréquents du matin jusque tard le soir sans creux en milieu de journée, et garantit des correspondances convenables – a fait ses preuves pour augmenter le trafic grâce à une offre attractive y compris sur les lignes secondaires. Des trains assimilables aux trains cadencés existent aux heures de pointe du matin et du soir entre Rennes et Guipry-Messac.

Seriez vous d’accord pour étendre ce système de cadencement jusqu’à Redon ou mieux encore, de mettre en place un RER régional dont l’un des points terminaux de l’étoile ferroviaire serait Redon ?

Ouverture à plusieurs opérateurs des lignes TER régionales

La Région Bretagne a signé le 24 janvier 2020 une convention avec la SNCF ayant effet jusqu’au 31 décembre 2027 et fixant les modalités techniques et financières d’exploitation du Service public de transport régional de voyageurs (réseau TER) par SNCF Voyageurs. D’autres régions ont choisi une autre voie : déléguer leurs TER à des opérateurs privés.

Que pensez vous de cette seconde option et, dans l’hypothèse d’un choix par vous en faveur de celle-ci, sur quelles lignes de la Région souhaiteriez vous mettre en place à terme ladite gestion par un exploitant privé ?

Investissements d’infrastructures ferroviaires régionales nouvelles

Quels sont les investissements régionaux prioritaires à votre avis ? Créations de nouvelles lignes ? Renforcement des lignes ferroviaires existantes ? Travaux localisés (« points durs »du réseau…) ?

Répartition des budgets entre les modes de transport

Historiquement, les Régions avaient en charge le financement du mode ferroviaire et les Départements quant à eux finançaient les routes. Depuis quelques années, on constate un glissement insidieux puisque les Régions financent aussi fortement les routes, en plus des Départements. La négociation des  CPER (Contrats de Plan Etat Régions) avec l’Etat ne doit pas se traduire par un transfert de financements du réseau ferroviaire vers le réseau routier. Sans compter les aéroports.

Comment devrait selon vous être organisée la répartition des financements dans l’avenir, de façon à garantir un réseau ferroviaire régional de qualité ?

Dessertes interrégionales

La gare de Redon constitue un carrefour ferroviaire important : outre la ligne TGV Paris Rennes Redon Quimper, la desserte ferroviaire vers Nantes y met en relation la Bretagne avec le littoral atlantique et la Vallée de la Loire. Or, sur l’axe Rennes Nantes, à partir du second semestre 2017 et  par la volonté des 2 métropoles, le nombre de liaisons ferroviaires entre les 2 villes de Nantes et Rennes a été porté de 13 antérieurement  (dont 3 avec arrêt en gare de Redon) à 19 liaisons désormais toutes directes donc sans arrêt en gare de Redon. Afin de rendre plus structurant encore l’axe ferroviaire Rennes-Nantes sur lequel les usagers de la gare de Redon souhaitent voir circuler des trains autres que les TER directs entre les 2 métropoles, le CODEF demande :

1) le renforcement des liaisons Rennes Redon et des Nantes Redon Quimper (et Brest)

2) en complément des trains directs, la mise en place de trains de maillage interrégional Rennes Nantes s’arrêtant au minimum à Redon et Savenay (pour, s’agissant de cette dernière gare, permettre les correspondances vers Saint-Nazaire et la presqu’île guérandaise).

Nous sommes persuadés pour notre part qu’avec des trains Nantes-Redon-Rennes et Rennes-Redon-Nantes aux horaires bien ciblés – et nous faisons référence ici entre autres aux ex trains Intercités – il y aurait un rebond de la fréquentation voyageurs du Pôle d’Echanges Multimodal (PEM) de Redon. Il y a matière selon nous à capter une clientèle régionale et interrégionale d’usagers occasionnels, notamment celle qui, pour différentes raisons, délaisse l’usage de la voiture.

Mais la Région Bretagne a indiqué au CODEF, dans un courrier du 22 mars 2022, qu’elle n’avait pas la volonté de créer des arrêts intermédiaires sur les trains directs Rennes-Nantes, afin de conserver leur attractivité en terme de temps de parcours.

Votre avis sur cette question des trains Rennes-Nantes ?

Avenir de la gare de Redon

Il n’a échappé à personne que les « gilets jaunes », la population en général et plus particulièrement les télétravailleurs retrouvent un intérêt pour habiter dans des villes moyennes car plus humaines, plus  sereines, plus vivantes et dotées au demeurant d’équipements structurants de premier plan (hôpital, services d’enseignement supérieur, équipements culturels et sportifs, etc…). Il importe que ces villes moyennes, pour être attractives en terme d’habitat, soient donc bien desservies afin de permettre d’y accéder ainsi qu’aux services précités qui y sont implantés. Une desserte ferroviaire intercités de qualité est alors un atout de premier plan et le lieu central de pointe et intermodal permettant d’accéder à cette desserte est bien la gare. Dans ce contexte, les gares des villes moyennes sont extrêmement importantes. A cet égard, trouver les moyens et services permettant de faire vivre et valoriser le Pôle d’Echanges Multimodal (PEM) de Redon devrait constituer une préoccupation constante de l’ensemble des acteurs politiques, économiques et sociaux locaux, départementaux et régionaux. Nous avons identifié au moins un élément participant à l’attractivité du PEM de Redon dont malheureusement la mise en route tarde.

En effet, malgré deux relances par mails des 21 octobre 2020 et 23 mai 2022 auprès de SNCF Gares & Connexions, le CODEF est toujours en attente d’une réponse concernant  la date d’installation du WIFI en gare de Redon dont la mise en service dans le bâtiment de la gare a été demandée par le CODEF dès avant l’inauguration du PEM de Redon, intervenue le 22 septembre 2018.

Pouvons nous compter sur votre appui pour obtenir la mise en place de ce facteur d’attractivité (wifi) important du Pôle d’Echanges Multimodal (PEM) de Redon ?

Par ailleurs, le PEM de Redon jouera pleinement son rôle d’accueil si sont aussi implantés dans le bâtiment de la gare de nouveaux services, type antenne postale, pôle emploi annexe mairie ou encore services numériques de pointe à l’image de ce qui a été fait dans la gare de Saint-Omer (62500), avec la participation de l’Agglomération et de la Mairie. A cet égard, nous considérons que l’espace de 105 m2 dans la gare dont SNCF Gares & Connexions a annoncé récemment la mise en location, est stratégique pour le territoire. Nous estimons qu’une maison de la mobilité y aurait toute sa place. Il pourrait également être envisagé d’y installer une flotte de vélos en location et des ventes de billets de cars scolaires.

Seriez vous d’accord et si oui, inciteriez vous le cas échéant à la mise en place de tels pôles de services ?

Autobus et intermodalité

Le Pole d’Echanges de Redon n’a d’intermodal que le nom : il n’y a pas de véritable interconnexion et harmonisation entre les horaires des trains et ceux des bus. L’intermodalité, ce n’est pas seulement concentrer en un seul lieu les points de départ et d’arrivée de différents modes de transport; c’est aussi un « système » à organiser, des combinaisons train + car à mettre en place pour desservir certains lieux fréquentés (zones industrielles et commerciales, plages du littoral proches, etc…). De plus, l’orientation des voyageurs en gare, afin de leur permettre de trouver les quais mais aussi  de rejoindre sans difficulté les lieux de correspondance des bus et des taxis à la sortie de la gare doit être  facilitée, surtout lorsqu’il existe en réalité comme en gare de Redon 2 sorties : Sud et Nord (ainsi, beaucoup de personnes, y compris parmi le personnel de la gare de Redon, ignorent l’existence d’une navette régulière par autocars entre Redon et Saint-Nazaire dont le point de départ est situé en bordure du parvis sud de la gare de Redon). Cela suppose une signalétique simple et claire, appréhendable facilement et efficace.

Quelle politique d’amélioration aurait votre préférence pour les bus et autocars et leur connexion avec le train, et en matière de signalétique en gare ?

Train et vélo

Le vélo doit « s’interconnecter » aussi pour des trajets quotidiens (au-delà du tourisme), en lien avec les dessertes ferroviaires (modes complémentaires). Il peut assurer les parcours terminaux, le fameux « dernier kilomètre » en complément du transport collectif (zone de chalandise 16 fois plus grande qu’à pied puisque 4 fois plus rapide). Une combinaison train + vélo peut souvent remplacer la voiture. Sur de plus longues distances, le tourisme à vélo lorsque des accès ferroviaires existent se développe, et génère des retombées économiques importantes (cf « La Loire à Vélo » ou autres véloroutes).

Pour la période du 1er juin 2022 au 28 août 2022, un système de réservation obligatoire est prévu par la Région Bretagne, pour les voyageurs occasionnels, au tarif unique d’1 € le billet par vélo/remorque pliée et par train. Les abonnés TER continueront quant à eux de pouvoir embarquer leur vélo gratuitement dans les TER.

L’accès à tous les trains avec des vélos non démontés doit être prévu en nombre suffisant. Quel est votre point de vue sur la politique train + vélo, notamment tarifaire, de la Région Bretagne ?

Enfin, nous attendons avec impatience la réalisation promise par la municipalité de Redon pour l’année 2021 mais non effective à ce jour de 3 parcs à vélos dont 1 sécurisé près de la gare de Redon.

Information des usagers, halte au tout numérique :

Si « le numérique » est très utile aussi bien pour préparer un trajet qu’en situation perturbée, de nombreux usagers (20 à 30%) n’ont pas les outils ou les connaissances pour s’en servir, ou peuvent aussi être en panne ou dans une zone non couverte par Internet… Le maintien d’informations par des voies plus classiques (guichets ouverts et présence humaine en gare pour indiquer aux voyageurs la marche à suivre pour la délivrance de billets par les automates, affichages, fiches horaires en gare, etc…) nous paraît donc indispensable, ainsi qu’une possibilité d’envoi de fiche horaire à la demande aux usagers n’ayant pas d’accès à Internet, via la plateforme téléphonique.

Quel est votre point de vue concernant la « numérisation forcée » de l’accès au transport ferroviaire ? 

Une meilleure concertation partenariale avec les associations d’usagers et PMR

Il est nécessaire que les associations d’usagers, et parmi elles celles liées au handicap, soient associées bien en amont des changements d’horaires ou de politique des transports avec une réelle concertation et des échanges constructifs plus d’un an à l’avance. Notre connaissance du terrain permettrait des améliorations en termes d’horaires ou de correspondances. Il y a un savoir être de la part des usagers. Plus spécifiquement, les représentants des usagers se heurtent à un fonctionnement déficient des instances de concertation (comités de lignes, comité des partenaires, etc…) prévues par la loi d’orientation des mobilités (LOM).

Entendez vous évoquer auprès de la Région Bretagne, autorité organisatrice en matière de TER, la nécessité d’améliorer le fonctionnement de ces instances de concertation tant dans leur périodicité de réunion qu’au niveau du délai de traitement des comptes rendus de celles-ci (pas de compte rendu à ce jour du Comité de lignes Brocéliande Vilaine Golfe du Morbihan qui s’est tenu du 22 mars au 4 avril 2021 de manière dématérialisée) ?

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