Les convois de Noel

Vous trouverez ci-après la reproduction d’un article du Mobitelex 361 de la revue Mobilettre intitulé : “Les convois de Noel » (transmission FNAUT du 22.12.2021).

« Retour des trains de nuit, premiers trains de la concurrence longue distance : de quoi sont-ils le signe ?

Les temps ont changé. En 2006, la première circulation d’un train de fret privé fut accompagnée de conséquentes manifestations sur les voies. Ce samedi 18 décembre, la Fresciarossa de Trenitalia partit sereinement de la gare de Lyon au petit matin. Certains verront dans ce contraste la triste fatalité de la concurrence partout, d’autres la preuve d’une heureuse transformation des consciences…

Si l’on met de côté les réfractaires à l’idée même de concurrence ferroviaire – par idéologie ou par conviction technico-organisationnelle – l’arrivée de nouveaux acteurs peut engendrer une nouvelle dynamique, aussi bien parce qu’elle aiguillonne l’opérateur historique sur sa qualité de service, ses coûts et ses routines que parce qu’elle pourrait attirer de nouveaux voyageurs. Il n’y a rien de mécanique là-dedans, mais il n’est pas interdit d’espérer un gain collectif (plus d’offre, plus de voyageurs), plutôt qu’une bataille fratricide (pour se partager le même gâteau).

Le ferroviaire doit accueillir sans réserve tous les ferments d’une image diversifiée et modernisée

L’hypothèse est d’autant plus envisageable que d’une manière générale, le train a plutôt le vent en poupe, comme en témoigne la relance des offres de nuit, en Europe (le Paris-Vienne la semaine dernière) et dans l’Hexagone (le retour du Paris-Briançon et du Paris-Tarbes-Lourdes). Certes, il faudra attendre de nouvelles voitures plus confortables pour identifier le vrai potentiel de développement des circulations de nuit – et donner tort aux nombreux sceptiques à la SNCF… Mais parce que le mode ferroviaire est depuis de longues années en concurrence avec les autres modes, il lui faut accueillir sans réserve tous les ferments d’une image diversifiée et modernisée.

Pour ne prendre que ces deux marchés de la grande vitesse et des trains de nuit, on a tendance à penser que le «modèle» SNCF a montré ses limites. Il y a une clientèle pour aller moins vite et moins cher d’un bout à l’autre de l’Hexagone, tout comme des voyageurs veulent nettement plus de confort et d’espace dans les rames à grande vitesse. De manière plus générale, aux marges des offres SNCF subsistent tellement de niches et d’opportunités qu’il serait dommage de ne pas essayer de les exploiter : c’est le sens de l’émergence de ces nouveaux opérateurs (Le Train, Railcoop, Midnight Trains, Kevin Speed) qui peuvent augmenter l’attractivité ferroviaire, tout comme d’autres acteurs sur le ferroviaire conventionné apporteront leur lot d’innovations.

Tout ceci à une condition : que les gestionnaires d’infrastructures soient à la hauteur d’une augmentation des trafics et des capacités, aussi bien sur le réseau que dans les gares. Vu la politique publique en matière d’investissements et de moyens de régénération, il est permis d’être inquiet. Le ferroviaire reste un système qui ne tolère aucune négligence ».

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